public


public

public, ique [ pyblik ] adj. et n. m.
• 1239; lat. publicus
I Adj.
1Qui concerne le peuple pris dans son ensemble; qui appartient à la collectivité sociale, politique et en émane; qui appartient à l'État ou à une personne administrative. La chose publique. Les affaires publiques. 2. politique. Association reconnue d'utilité publique. L'intérêt, le bien, le salut public. commun, 1. général. L'ordre public. Un danger public. Un ennemi public. L'opinion, la rumeur publique. De notoriété publique.
Relatif aux collectivités sociales juridiquement définies, et spécialt à l'État. Le droit public. Les pouvoirs publics. La force publique. Action publique, ministère public. Administration, fonction publique. Le secteur public. Entreprise publique ( national, nationalisé) . Les Travaux publics. Acte public, dressé par une autorité selon les formes légales. ⇒ authentique. Les finances publiques. Le Trésor public. La dette publique. Les charges publiques. Le domaine public. Monument public, qui fait partie du domaine public. Établissement public. Assistance, santé publique. Instruction, école publique. laïque (cf. Éducation nationale). Les chaînes publiques de la télévision. Service public.
2Accessible, ouvert à tous. La voie publique. Téléphoner d'une cabine publique ( publiphone) . Jardin public. « Les amoureux qui s'bécott'nt sur les bancs publics » (Brassens). Vente publique. Réunion publique.
(Personnes) Dont l'activité s'exerce au profit de la collectivité. Crieur, écrivain public. Officier public. Vx Fille publique : prostituée.
3Qui a lieu en présence de témoins, n'est pas secret. Scrutin public. « Les députés des Communes avaient soumis leurs pouvoirs à une vérification publique » (Michelet). Une déclaration publique.
4Qui concerne la fonction plus ou moins officielle, qu'on remplit dans la société. La vie publique et la vie privée. professionnel. Un homme public, qui est investi d'une fonction officielle, joue un rôle important dans la vie de son pays.
5Connu de tous. notoire, officiel. « Son existence devient en fait publique, notoire » (Renan). Rendre public. publier .
6Anglic. Relations publiques.
II N. m.
1Vx L'État, la collectivité.
Mod. Rare La fonction publique, le secteur public. Travailler dans le public.
2Mod. Les gens, la masse de la population; la foule. Le public est avisé, informé des décisions du gouvernement. « Les éditions spéciales [...] entretiennent la fièvre du public » (A. Gide).
Le public et le personnel d'une entreprise, et les membres d'une association. Interdit au public. Service chargé des rapports avec le public (cf. Relations publiques). communication.
3Plus cour. Ensemble des personnes que touche une œuvre (littéraire, artistique, musicale), un spectacle, un média. auditeur, lecteur, spectateur. Le public d'une chaîne de télévision. Roman apprécié, rejeté par le public. Écrivain qui s'adresse à un vaste, un large public; à un public averti, un public d'initiés. « Combien faut-il de sots pour faire un public ? » (Chamfort). Un film tous publics. Le public de qqn, celui qu'il touche ou veut toucher. Ne pas décevoir son public.
Loc. Le grand public : l'essentiel, la majeure partie du public. Ouvrage de vulgarisation qui s'adresse au grand public. Adjt Un film grand public. Par ext. L'informatique grand public.
Ensemble de personnes qui assistent effectivement à un spectacle, à une réunion, à une manifestation. assistance, auditoire. Les applaudissements du public. « On sentait le public sans le voir même dans ses silences » (Zola). Par anal. Les personnes devant lesquelles on parle ou on se donne en spectacle. galerie. « Les personnes qui parlent bien veulent un public » (Balzac). Loc. Être bon public : avoir l'admiration facile (pour une œuvre, etc.), être facile à convaincre.
4Loc. adv. EN PUBLIC : à la vue, en présence d'un certain nombre de personnes. ⇒ publiquement. En public, ils se vouvoient. Parler en public. « Il ne pouvait supporter de s'exhiber en public » (R. Rolland). Concert enregistré en public. liveanglic.
⊗ CONTR. Privé; individuel, particulier. Clandestin, 1. secret. Domestique, intime.

public nom masculin Secteur public, fonction publique : Travailler dans le public.public nom masculin (latin publicum) Ensemble de la population, des usagers d'un service : Un avis au public. Ensemble de la clientèle visée ou atteinte par un média, à qui s'adresse un écrit, un spectacle, etc. : Littérature qui s'adresse à un public de jeunes. Ensemble des gens présents : Le public est enthousiaste devant un tel film.public (citations) nom masculin (latin publicum) Jean, dit Jean-Richard Bloch Paris 1884-Paris 1947 Les aspirations sentimentales et le goût profond du public sont universellement médiocres, paresseux et vulgaires. Naissance d'une culture Rieder Jean, dit Jean-Richard Bloch Paris 1884-Paris 1947 Le public aspire au poncif, inlassablement. Naissance d'une culture Rieder Nicolas Boileau, dit Boileau-Despréaux Paris 1636-Paris 1711 L'Académie en corps a beau le censurer, Le public révolté s'obstine à l'admirer. Satires Sébastien Roch Nicolas, dit Nicolas de Chamfort près de Clermont-Ferrand 1740-Paris 1794 Académie française, 1781 Le public, le public !… Combien faut-il de sots pour faire un public ? Caractères et anecdotes Jean Cocteau Maisons-Laffitte 1889-Milly-la-Forêt 1963 Académie française, 1955 Ce que le public te reproche, cultive-le, c'est toi. Le Potomak Stock Auguste Comte Montpellier 1798-Paris 1857 Le public humain est le véritable auteur du langage, comme son vrai conservateur. Système de politique positive Denis Diderot Langres 1713-Paris 1784 Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n'être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables si elles plaisent à tout le monde. Pensées philosophiques sur Dieu Valery Larbaud Vichy 1881-Vichy 1957 Faisons en sorte de n'offrir au public, sous le plus petit volume possible, que ce à quoi nous tenons le plus. Sous l'invocation de saint Jérôme Gallimard Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Paris 1626-Grignan 1696 Voilà mon ancienne thèse, qui me fera lapider un jour : c'est que le public n'est ni fou ni injuste. Correspondance, au comte de Grignan, 15 août 1670 Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde Dublin 1854-Paris 1900 Le public est extraordinairement tolérant. Il pardonne tout sauf le génie. The public is wonderfully tolerant. It forgives everything except genius. The Critic as an Artist public (expressions) nom masculin (latin publicum) En public, en présence d'un grand nombre de personnes. Familier. Être bon public, être facilement convaincu ou conquis,réagir d'emblée, apprécier vite et sans façon une histoire drôle, un spectacle, etc. Le grand public, ensemble des lecteurs, des spectateurs, des acheteurs, etc., sans qualification particulière, par opposition aux initiés, aux connaisseurs, à un public particulier défini ; en apposition, désigne un produit destiné au plus grand nombre : Film grand public.public (synonymes) nom masculin (latin publicum) Ensemble de la population, des usagers d'un service
Synonymes :
Ensemble des gens présents
Synonymes :
- auditeurs
- spectateurs
En public
Synonymes :
Contraires :
- en privé
public, publique adjectif (latin publicus) Relatif à une collectivité, par opposition à privé : Intérêt public. Relatif au gouvernement, à l'administration d'un pays : Affaires publiques. Qui relève de l'Administration, des finances de l'État par opposition à privé : Travailler dans le secteur public. Qui est commun, à l'usage de tous, accessible à tous : Jardin public. Qui est manifeste, notoire, qui n'a pas un caractère privé : Une déclaration publique. Qui a trait aux relations de quelqu'un avec autrui, en particulier dans un contexte professionnel, social, etc. : L'homme public est bien différent de l'homme privé.public, publique (expressions) adjectif (latin publicus) Antigène public, antigène érythrocytaire de très grande fréquence et qui n'est rattaché à aucun système de groupes sanguins. Fille publique, prostituée. Personnage public, personne connue du public ou que ses activités amènent à appartenir plus ou moins au public. ● public, publique (synonymes) adjectif (latin publicus) Relatif à une collectivité, par opposition à privé
Synonymes :
- général
Contraires :
Qui est manifeste, notoire, qui n'a pas un caractère privé
Synonymes :
- répandu
Contraires :
- privé

public, ique
adj. et n. m.
rI./r adj.
d1./d Qui appartient au peuple, à la nation, à l'état; qui les concerne. édifice, monument public.
Le Trésor public: les caisses de l'état.
Les services publics: l'Administration.
d2./d Commun, à l'usage de tous. Voie publique.
d3./d Manifeste, connu de tous. De notoriété publique.
d4./d Où tout le monde est admis. Audience publique.
rII./r n. m.
d1./d Ensemble des gens. L'intérêt du public.
Entrée interdite au public, aux personnes non habilitées.
d2./d Personnes réunies pour assister à un spectacle. Le public applaudit l'entrée du comédien.
|| Par ext. Ensemble des gens qui s'intéressent à la vie artistique ou intellectuelle. Le grand public. Un public de connaisseurs.
Ce chanteur a son public, ses fidèles.
d3./d Loc. adv. En public: à la vue d'un certain nombre de personnes.

I.
⇒PUBLIC1, -IQUE, adj.
A. — D'État, qui est sous contrôle de l'État, qui appartient à l'État, qui dépend de l'État, géré par l'État. Établissement public; économie, prospérité publique; recettes, subventions, publiques. Comme on présumait que le revenu public proportionnellement réduit, ne serait plus que de 73,000 livres sterlings au lieu de 700,000, on mit un impôt additionnel sur les fenêtres comme taxe de commutation (Monopole et impôt sel, 1833, p. 29). L'attribution de ressources est effectuée par le moyen des finances publiques. C'est, en fait, la dépense publique, au sens large, englobant les dépenses budgétaires de l'État et les dépenses de certains organismes publics ou semi-publics (Sécurité Sociale), qui est affectée directement ou indirectement à un emploi, satisfaisant un besoin (Univers écon. et soc., 1960, p. 46-14).
Domaine public, secteur, service, trésor public; administration, assistance, chose, dette, fonction publique.
Affaires, charges publiques. Ensemble des activités et des occupations du Gouvernement. L'état de siège était décrété, l'Assemblée dissoute, et une partie des représentants du peuple à Mazas. Les affaires publiques le laissèrent indifférent, tant il était préoccupé des siennes (FLAUB., Éduc. sent., t. 2, 1869, p. 273). Tout au plus ceux qui avaient des rentes sur l'État — et c'était déjà une première forme de propriété anonyme — achetaient-ils les journaux pour savoir quels contre-coups la marche des affaires publiques aurait sur leur fortune privée (JAURÈS, Ét. soc., 1901, p. 260). Il était indispensable de former (...) des « militants » laïques, capables d'assumer les charges publiques et d'être aux places de l'État qui pourraient être favorables au progrès et à l'épanouissement des idées nouvelles (Encyclop. éduc., 1960, p. 14).
École publique; enseignement public. École, enseignement gratuit, pris en charge par l'État. Synon. vieilli instruction publique; anton. école, enseignement libre. Éducation publique. Les parents peuvent cependant confier leurs enfants à une école privée ou les faire instruire dans la famille. L'enseignement primaire public est donc caractérisé par ces trois mots qui résument les « lois laïques »: il est gratuit, laïque et obligatoire (Encyclop. éduc., 1960, p. 96). Son cercle parisien, créé en 1868, va jouer un rôle de premier plan pour la conquête de l'école publique, gratuite, obligatoire et laïque (CACÉRÈS, Hist. éduc. pop., 1964, p. 41).
Droit public. ,,Droit qui règle l'organisation de l'état et les rapports dans lesquels il entre en jeu`` (CAP. 1936). La plus répandue [des classifications] est celle qui divise le droit en droit public et en droit privé; le premier est censé régler les rapports de l'individu avec l'État, le second ceux des individus entre eux (DURKHEIM, Divis. trav., 1893, p. 33). Le lien unissant l'État à son employé est considéré au début du XIXe siècle comme un contrat de droit privé puis ultérieurement comme un contrat de droit public (BELORGEY, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 234).
En partic. [En parlant d'une pers. ou d'un ensemble de pers.] Qui exerce des fonctions au sein de l'État, qui est payé par l'État. Il faudrait par ailleurs que les particuliers puissent eux-mêmes poursuivre devant les juridictions pénales tous ceux, personnes privées ou agents publics, qui ont commis des fautes leur faisant grief (BELORGEY, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 46):
1. En ce qui concerne les instituteurs publics, il [le Conseil départemental] est obligatoirement consulté et dispose d'un droit d'avis pour certaines sanctions qui sont prononcées par l'autorité administrative...
Encyclop. éduc., 1960, p. 122.
Fonctionnaire, ministère public; fonction publique; pouvoirs publics (v. pouvoir).
Autorité publique. Ensemble des personnes prenant part au gouvernement. Le rôle de l'autorité publique devant se limiter à assurer la libre expression par l'individu de ce qu'il tient pour tel (LESOURD, GÉRARD, Hist. écon., 1968, p. 19).
Force publique. Agent de la force publique. Une des choses qui me paraissent avoir le plus étonné les travailleurs, au cours de ces dernières années, a été la timidité de la force publique en présence de l'émeute (SOREL, Réflex. violence, 1908, p. 94). En quelques cas, survinrent des exécutions sommaires par la foule ameutée. Pour les prévenir, le déploiement de la force publique ne suffit pas toujours (LEFEBVRE, Révol. fr., 1963, p. 414).
Homme public. Homme qui exerce des fonctions officielles (administratives, politiques ou autres). J'ai dîné chez M. Portal, conseiller d'État, avec qui j'ai eu une conversation très intéressante sur la politique, l'esprit de la Chambre et l'opinion la plus générale en France. M. Portal, riche négociant, homme public, est un de ces représentants de l'opinion réelle en France (MAINE DE BIRAN, Journal, 1816, p. 207):
2. La distinction fondamentale est donc ici celle de l'homme public et du simple particulier. Il va sans dire, d'ailleurs, que la preuve n'est jamais autorisée, même à l'encontre de l'homme public, que lorsqu'il s'agit des actes de sa fonction ou de son mandat; en tant qu'individu privé, il se trouve placé dans la même situation que tout autre particulier.
Civilis. écr., 1939, p. 44-12.
Officier public. V. officier2.
P. méton. Qui émane d'une personne ayant une fonction officielle. DR. Acte public. Acte dressé par une autorité publique. Synon. acte authentique; anton. acte sous seing privé. Le mandat peut être donné ou par acte public, ou par écrit sous seing privé, même par lettre. Il peut aussi être donné verbalement (Code civil, 1804, art. 1985, p. 357).
Existence, vie publique. Vie, conduite d'une personne dans l'exercice de ses fonctions officielles. Anton. vie privée. Lucie et lui m'engagent à me préparer à la vie publique; ils entendent, sur ce point, les choses autrement que je ne le faisais. Je croyais suffisant de me laisser nommer à une position quelconque, soit par les électeurs, soit par le Gouvernement (GOBINEAU, Pléiades, 1874, p. 86). Je crois à la nécessité de quelque chose de nouveau, et je quitterai la vie publique si ce quelque chose n'apparaît pas (BARRÈS, Cahiers, t. 11, 1915, p. 131).
B. — Qui concerne tout un peuple, l'ensemble de la population. Bonheur, ordre public; morale publique; mœurs publiques; contributions publiques; hygiène publique; travaux d'utilité publique. Le grand malheur dont les radicaux menacent la Suisse, c'est de mettre la main, sous prétexte d'intérêt public, sur les biens particuliers des bourgeoisies (GOBINEAU, Corresp. [avec Tocqueville], 1850, p. 107). Devant tout événement triste qu'on n'eût pu prévoir autrefois, (...), quelque calamité publique, une épidémie, une guerre, une révolution, ma mère se disait que peut-être valait-il mieux que grand'mère n'eût rien vu de tout cela (PROUST, Fugit., 1922, p. 660):
3. ... l'ingénieur des Ponts et Chaussées Crouzet (...) sut rapidement s'assimiler à la région, s'y fixer par les liens familiaux qu'il s'y créa et par son ardeur à la rénovation d'un territoire qui lui permit de donner toute la mesure de son activité, de son dévouement au bien public et de sa vive intelligence.
Forêt fr., 1955, p. 32.
Accusateur public (dr.); ennemi public; salut public; santé publique; sécurité publique; travaux publics (v. travail); libertés publiques (v. liberté).
En partic. Relations publiques (comm. public). Ensemble de méthodes, de techniques visant à favoriser les intérêts d'une entreprise ou d'un groupement, en soignant le caractère de sa publicité et de ses rapports avec le public (d'apr. REY-GAGNON Anglic. 1980). Relations publiques internes, externes; service de(s) relations publiques, chargé(e) des relations publiques:
4. Dans ses contacts avec l'opinion, l'administration développe, inégalement selon les secteurs, le sens des relations publiques et commence à se soumettre à la nécessité d'expliquer: le développement au sein des ministères et des préfectures de cellules d'information qui sont chargées d'assurer les relations avec les corps élus, les organes consultatifs, la presse (voire le grand public) en est une manifestation.
BELORGEY, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 140.
En appos. Cette station, intitulée Europe n o 1, diffuse des programmes commerciaux en français. En fait, cette nouvelle venue révolutionna en quelques mois l'univers des ondes. Trois facteurs contribuèrent à son succès: son ton, son esprit très « relations publiques », son sens de l'information (WEINAND, Public. radioph., 1964, p. 35).
DR. ROMAIN. Crime public. ,,Cas intéressant la société toute entière, et dans lequel tout citoyen pouvait se constituer accusateur`` (Lar. 19e).
DR. Action publique. ,,Poursuites engagées au nom de la société, à la requête du Procureur de la République, contre l'auteur d'un crime ou d'un délit, en vue de traduire l'intéressé devant un tribunal répressif`` (CIDA 1973). L'action civile en recouvrement des cotisations ou des majorations de retard dues par un employeur ou un travailleur indépendant, intentée indépendamment ou après extinction de l'action publique, se prescrit par cinq ans à compter de l'expiration du délai imparti (Réforme Sécur. Soc., 1968, p. 41).
C. — Qui est connu, notoire.
1. Qui n'est pas secret, qui a lieu, qui se passe devant plusieurs témoins. Affront, débat, éclat, éloge, scandale public; assemblée, confession, délibération, discussion, explication, réunion, séance publique; rendre un hommage public. Sans quitter son sourire, il approcha sa bouche de mes lèvres. Ce baiser public m'a déconcertée (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 311). Cependant, avant tout vote ou scrutin public, le bureau peut être prié de s'assurer (ce qu'il est obligé de faire si le scrutin public doit avoir lieu à la tribune) que la majorité est présente (LIDDERDALE, Parlement fr., 1954, p. 150).
En partic. La vie publique (du Christ). Les années vécues parmi de nombreuses personnes. Trente ans de vie privée et trois ans de publique, (il avait mis sa vie privée avant sa vie publique...) (PÉGUY, Myst. charité, 1910, p. 122). Tout au début de sa vie publique, Jésus, retiré au désert fut tenté par Satan (Théol. cath. t. 4, 1 1920, p. 331).
2. Qui est porté à la connaissance de tous, ou au moins du plus grand nombre de personnes. Un fait public. « Savez-vous comment notre nouvel évêque a mangé hier au soir sa fondue? — Eh! oui, je le sais; il l'a mangée avec une cuiller. Je le tiens d'un témoin oculaire, etc. » La ville transmit le fait à la campagne; et après trois mois il était public dans tout le diocèse (BRILLAT-SAV., Physiol. goût, 1825, p. 361). Je me souviens qu'après avoir lu cet appel insensé je regagnai le bloc des réfractaires plein d'idées sombres, et m'attendant au pire pour le moment où il serait rendu public (AMBRIÈRE, Gdes vac., 1946, p. 342).
Vieilli. Feuilles publiques; papiers publics. Journal. Je vois qu'on ne s'occupe plus que de guerre dans les papiers publics; ainsi je ne vous demande point comment va la littérature (CHATEAUBR., Corresp., t. 1, 1803, p. 99). Enfin le distributeur de feuilles publiques passa le paquet attendu par l'ouverture du carreau, et la bonne femme tendit à Duroy La Plume grande ouverte (MAUPASS., Bel-Ami, 1885, p. 155).
Il est de notoriété publique que + prop. Tout le monde sait que. Chandelier allait jusqu'à envier et haïr des particules qu'il savait postiches, comme celle de châtelains voisins, dont il était de notoriété publique que le grand-père était bonnetier (MONTHERL., Célibataires, 1934, p. 884).
D. — Qui est général, commun à tous.
1. Accessible, ouvert à tous; qui est à l'usage de tous, et dont la gestion, l'entretien revient à l'État ou plus particulièrement aux collectivités locales ou régionales. Les noms des voies publiques, places, monuments, etc., sont indiqués à côté de chacun d'eux (P. LAVEDAN, Urban., 1926, p. 139). Pour chaque bâtiment public: mairie, église, bureau de poste, salle des fêtes, etc., on recherchera l'année de construction, l'état actuel, et on notera quelques éléments concernant la description du bâtiment (FONTENEAU, Cons. munic., 1965, p. 39). V. cabine ex. 2:
5. L'architecture de notre temps (...) est un art qui appartient à tous puisqu'il est, s'il s'agit de monuments publics, payé par tous, il doit donc se conformer aux mœurs, non d'une coterie, non d'un public, mais du public.
VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p. 213.
SYNT. Édifice, établissement, passage, téléphone public; décharge, promenade, propriété, salle publique; bains, hôpitaux, hospices, transports publics; constructions, fontaines publiques.
Jardin public; bibliothèque publique.
DR. Domaine public. ,,Portion de territoire affecté à l'usage du public et non susceptible de propriété privée`` (CIDA 1973).
♦ [En parlant d'une œuvre, d'une invention] Tomber dans le domaine public. M. Stangerson, qui eût pu (...) gagner des millions de dollars en exploitant ou en faisant exploiter deux ou trois de ses découvertes chimiques (...), avait toujours répugné à faire servir à son intérêt propre le don merveilleux d'inventer (...); mais il ne pensait point que son génie lui appartînt. Il le devait aux hommes, et tout ce que son génie mettait au monde tombait, de par cette volonté philanthropique, dans le domaine public (G. LEROUX, Myst. ch. jaune, 1907, p. 21).
2. Auquel tout le monde peut participer, prendre part. Bal, culte, spectacle public; exposition, manifestation publique; cérémonies, fêtes, prières, réjouissances publiques. Des doigts de fée travaillaient sans relâche à de petits ouvrages de broderie destinés à une vente publique dans l'intérêt des inondés (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 199). La propagande par réunions est libre. Le nombre des réunions publiques que peuvent tenir les candidats n'est pas limité (VEDEL, Dr. constit., 1949, p. 364).
3. De tout le monde; qui émane de tous ou du plus grand nombre de personnes. Regard public; bêtise, charité publique. Il me semble, à moi, très présomptueux et assez stupide de vouloir attirer l'attention publique pendant tout le temps que les Misérables paraîtront (FLAUB., Corresp., 1861, p. 455). De naissance modeste, très instruit, très lettré, sans que l'on sût comment, il s'était pour la première fois signalé à la curiosité publique par son mariage avec Mademoiselle Bargerel, fille unique de gros marchands de tissus. Il n'apportait rien (VAN DER MEERSCH, Invas. 14, 1935, p. 308).
Cri public; clameur, opinion (synon. vieilli esprit public), rumeur publique.
4. En partic. [En parlant d'une pers.] Qui exerce une activité qui concerne autrui; dont les services s'adressent à autrui. Crieur, écrivain public.
Femme, fille publique. Femme, fille, aux mœurs libres, faisant commerce de son corps. Les voleurs, les fraudeurs, les escrocs, les recéleurs, les filles publiques et leurs amants (...) forment un total (...), qui, (...) fait monter à plus de soixante-trois mille individus de tout âge et de tout sexe cette armée du mal que Paris contient et alimente (L. BLANC, Organ. trav., 1845, p. 24).
REM. Publicisme, subst. masc., rare. État de femme publique. V. pornographe ex. de Lar. 19e.
Prononc. et Orth.:[pyblik]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) ) 1238 « qui concerne le peuple dans son ensemble, la collectivité » (doc. ds TAILLIAR, Rec. d'actes en lang. rom. wall., p. 101: paix et utilité publique); ) 1362 bien publique (Miracles de Nostre Dame par personnages, XX, 6, éd. G. Paris et U. Robert, t. 3, p. 189); 1443 bien publicq (doc. ds Coutumes de Lille, p. 203 ds T.-L.); b) 1585 charges et fonctions publiques (N. DU FAIL, Contes et discours d'Eutrapel ds Æuvres, éd. J. Assézat, t. 1, p. 239); 2. 1330 « qui est connu de tous » (Girart de Roussillon, éd. E. B. Ham, 5314: la renummee populaire et publique); 3. a) ) 1390 « qui exerce une activité en faveur de tous (d'une personne) » (doc. ds GDF. Compl.: notaire publique); ) 1539-49 femme publicque « prostituée » (doc. ds GDF. Compl., s. v. marche2); 1771 fille publique (Trév.); b) ) 1538 « qui est commun, à l'usage de tous » (EST., s.v. publicus); ) 1538 place publicque (ibid.); 4. a) 1549 personne publique « personne revêtue d'une partie de l'autorité publique, qui exerce quelque magistrature » (EST., s.v. personne); b) 1690 homme public (FUR.). Empr. au lat. publicus « qui concerne le peuple ou l'État; d'un usage public; commun à tous », adj. corr. au subst. populus, mais sans rapport étymol. (V. ERN.-MEILLET, p. 522), v. peuple. La forme masc. public est tirée de publique en usage, pour les 2 genres, jusqu'au XVIIe s. Bbg. QUEM. DDL t. 8. — VARDAR Soc. pol. 1973 [1970], pp. 297-298.
II.
⇒PUBLIC2, subst. masc.
A. — 1. L'ensemble de la population, la masse des gens, la foule. Mettre qqc. à la disposition du public; bureau ouvert au public; interdit au public. Le seul commerce de vin vole au public de France annuellement cinquante millions de francs, sur la vente de l'eau, en mixtion d'eau pure avec variantes, eau de bois d'Inde pour les vins rouges, eau de réglisse pour les vins blancs (FOURIER, Nouv. monde industr., 1830, p. 64). Il y a une tentation, ma chère Geneviève, contre laquelle tu dois lutter de toutes tes forces: c'est la tentation du placement à tout prix, si enracinée dans le public français (MAURIAC, Nœud vip., 1932, p. 306). À 9 heures, lorsque les guichets seront accessibles au public, le personnel aura été prendre aux coffres-forts du trésor les provisions d'espèces, les titres et les autres valeurs devant sortir dans la journée (BAUDHUIN, Crédit et banque, 1945, p. 133).
Locutions
Le gros du public. La majeure partie des gens. Il y a un fonds de bon sens et de droiture — j'allais dire d'honnêteté — dans notre pays, qui répugne à ce rôle de dupeurs et de dupés. Le gros du public passe indifférent devant les tréteaux des uns et l'ébahissement des autres; on se contente de lever les épaules (VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p. 398).
Le grand public, le gros public. La masse des gens dont les goûts et les idées ne sont pas très précis, qui manque généralement de culture et de finesse d'esprit. Les idées qui ont cours, dans le grand public, au sujet de la violence prolétarienne, ne sont point fondées sur l'observation des faits contemporains et sur une interprétation raisonnée du mouvement syndical actuel (SOREL, Réflex. violence, 1908, p. 133). Mais le public visé (...) doit être une petite fraction du grand public, qu'on se sera donné la peine de préparer: un public expérimental, lui aussi (SCHAEFFER, Rech. mus. concr., 1952, p. 199). V. gros ex. 27.
En public (loc. adv.). Devant tout le monde, en présence de nombreuses personnes. Synon. publiquement, officiellement; anton. en privé, en particulier. Parler, paraître en public; outrager qqn en public. L'amiral Collingwood, qui, en public, me traitait avec tant de bienveillance, ne m'avait parlé qu'un instant en particulier (VIGNY, Serv. grand. milit., 1835, p. 173). Le Gouvernement avait dit que les séances secrètes étaient nécessaires parce qu'il y avait des inconvénients à dire certaines choses en public, et que pourtant il faut des explications entre le Gouvernement et le Parlement (BARRÈS, Cahiers, t. 11, 1916, p. 191).
2. [Précédé de l'art. indéf.] Catégorie de personnes de même tendance, de même goût, ou de même couche sociale. Le tricot à lui seul retient un public et achalande plusieurs revues (Civilis. écr., 1939, p. 34-5). Une opinion assez répandue prétend que la publicité ne convient qu'aux produits bon marché ou à ceux qui s'adressent à un public populaire (BRUNERIE, Industr. alim., 1949, p. 205).
Au plur. Certaines catégories de personnes réunies ou non, diverses couches de population. Son funeste journal [le Constitutionnel, journal du parti libéral], qui eut alors l'esprit d'être aussi plat, aussi calomniateur, aussi crédule, aussi niaisement perfide que tous les publics qui composent les masses populaires, a peut-être commis autant de ravages dans les intérêts privés que dans l'Église (BALZAC, Paysans, 1844, p. 151). Certaines écoles d'équitation l'ont réhabilité [le polo], encouragé; il continuera d'enthousiasmer tous les publics (Jeux et sports, 1967, p. 1614). Plus on voudra toucher des publics peu scolarisés, avec eux plus qu'avec tout autre, les méthodes pédagogiques ayant échoué, il faudra être inventif et l'élément dominant des efforts devra donc être l'interrogation pédagogique (B. SCHWARTZ, Pour éduc. perman., 1969, p. 79).
B. — En partic.
1. L'ensemble des gens intéressés, touchés par une manifestation intellectuelle ou artistique. Un vaste public; un public cultivé, populaire. Ce sont d'autres raisons que des raisons d'esthétique qui ont fait la fortune des Rougon-Macquart: ce que goûte le public dans M. Zola, c'est beaucoup moins l'artiste que le descripteur sans vergogne (LEMAITRE, Contemp., 1885, p. 82). La Storia do Mogor, un livre d'une telle nouveauté par son sujet qu'il mit l'orientalisme à la mode, à la Cour et à la ville, et eut un tel succès à Paris et parmi le public lettré de toute l'Europe qu'il n'eut pas moins de six éditions en France et à La Haye (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 14).
Au plur. Ce sont les publics (les publics intelligents bien entendu) qui sont romantiques, tandis que les maîtres (même les maîtres dits romantiques, les maîtres préférés des publics romantiques) sont classiques (PROUST, Past. et mél., 1919, p. 267):
Mieux vaut parler de sociologie des publics, car dès que l'on a essayé de cerner la notion de public, elle éclate à travers la morphologie sociale et à travers la durée. L'objet littéraire est rarement un objet de valeur simultanément pour tous les publics à la fois. Il peut avoir un public aux contours bien affirmés, fidèle et reconnaissant...
Traité sociol., 1968, p. 312.
[Précédé d'un adj. poss.] Catégorie de personnes qui apprécie habituellement un artiste, un auteur, ou que l'artiste, l'auteur souhaite atteindre. Goethe, le plus insouciant de tous les hommes, parce qu'il est sûr de gouverner son public, ne s'est pas donné la peine de mettre sa pièce en vers (STAËL, Allemagne, t. 3, 1810, p. 29). Comme Le Potomak, en 1913, ce livre a été écrit, en 1939, la veille de la guerre (...). C'est donc sous cet éclairage fatal que le livre doit être lu. Notre vrai public est aux armées. Il exige de la lecture (COCTEAU, Fin Potomak, 1940, p. 7). [Dickens] se déprécie à mes yeux lorsqu'il cherche à flatter son public par un déploiement de sensibilité facile (GIDE, Journal, 1943, p. 256).
2. L'ensemble des personnes qui assistent à un spectacle, à une manifestation artistique, culturelle ou sportive. Applaudissements du public. Savez-vous ce qu'il faut pour le succès aux Boulevards? C'est que le public devine tout ce qui va arriver. Je me suis trouvé une fois à côté de deux femmes qui, de scène en scène, racontaient la scène suivante: elles faisaient la pièce à mesure (GONCOURT, Journal, 1860, p. 685). À la représentation, on avait cru bon d'avertir le public que l'artiste qui interprétait le rôle de l'enfant avait dix-sept ans révolus. L'essentiel est qu'elle en paraissait onze (BRETON, Nadja, 1928, p. 43). V. aficionado ex. 2.
[Précédé de l'art. indéf.] Une certaine catégorie de spectateurs. La mise en scène mise nécessairement sur un public, sinon sur le public. Un style de théâtre doit rencontrer un public qui lui soit accordé (SERRIÈRE, T.N.P., 1959, p. 175).
Un public de + subst. [Le compl. prép. indique de quelle catégorie de personnes il s'agit] Nous avons voulu avoir un public de bourgeois pour juger de l'effet naïf de l'œuvre (FLAUB., Corresp., 1863, p. 121). Au fond, je constate que ma bouffonnerie est accueillie assez froidement; mais on veut bien me dire qu'il en est ainsi de toutes les pièces jouées dans les salons, et devant un public de femmes qui n'osent pas manifester leurs sensations (GONCOURT, Journal, 1894, p. 560).
Empl. attribut. Être bon public. Être bien disposé à applaudir, aimer, apprécier un spectacle sans songer à le critiquer. Quand on a disséqué des animaux vivants, on n'est plus guère sensible aux cris de la chair palpitante. J'aurais été bon public dans un combat de gladiateurs (ABOUT, Roi mont., 1857, p. 42). Chevalier disait très drôlement le Duel dans la Savane. Il m'a beaucoup amusé ce soir-là. Il est vrai que je suis bon public. J'adore le théâtre (A. FRANCE, Hist. comique, 1903, p. 124). Je suis très bon public. Au théâtre, au cinématographe, je pleure ou je ris sans que mon esprit critique se mette en branle. Rien ne me dégoûte si une force me bouscule, me fait toucher des épaules, m'oblige à me laisser aller (COCTEAU, Diff. d'être, 1947, p. 167).
P. anal. Les personnes devant lesquelles on parle, les personnes présentes à un moment donné. Je suis descendu exprès pour te dire bonjour; j'espérais que le beau monde serait parti. C'est devant ça que tu as parlé et que Claudie veut que je parle? — Ce n'est pas un mauvais public, dit Volange qui s'était rapproché d'un pas nonchalant. Il distribua à la ronde un petit sourire hautain (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 267).
Fam., en empl. adj. avec valeur attributive. [Souvent précédé d'un intensif très, plus] Être public, faire public. Agréable au public, qui attire le public (d'apr. GIRAUD 1956). Quelques-uns (des films de Louis Delluc) ne sont, effectivement, pas du tout publics (DANIEL-ROPS, C.M., 1925, p. 233 ds GIRAUD 1956).
Prononc. et Orth.:[pyblik]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1320 en public « devant un certain nombre de personnes » (doc. ds GDF. Compl.); b) 1391 le publique « les gens » (doc., ibid.); de nouv. 1626 public (A. HARDY, Scédase, 1142 d'apr. FEW t. 9, p. 507b); 2. 1559 [éd.] « État, nation » (AMYOT, Vie des hommes illustres gr. et romains, f ° a II); 3. a) 1671 donner un livre au public (POMEY); b) 1751 [éd.] « ensemble des personnes réunies en un lieu pour assister à un spectacle, à une réunion, à une manifestation » (DUCLOS, Considérations sur les mœurs, p. 120). Empl. subst. de public1; cf. aussi le lat. publicum « domaine public, propriété de l'État; intérêt public; foule », neutre subst. de publicus, v. public1.
STAT.Public1 et 2. Fréq. abs. littér.:14 737. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 28 963, b) 20 274; XXe s.: a) 20 511, b) 14 758.

public, ique [pyblik] adj. et n. m.
ÉTYM. 1239; lat. publicus.
———
I Adj.
1 Qui concerne le peuple pris dans son ensemble (et non les simples particuliers); qui appartient à la collectivité sociale ou politique, est fait ou agit en son nom, en émane; qui est relatif, appartient à l'État ou à une personne administrative. || La cause (cit. 56), la chose publique. République (vx.). || La vie publique. Politique (→ Efficacité, cit. 7). || Les affaires publiques. || L'intérêt public. Commun, général. || Le bien (2. Bien, cit. 7), le bonheur (→ Intérêt, cit. 7), le salut public. || La paix (→ Association, cit. 14), la liberté (→ Corps, cit. 44; garantie, cit. 8), la sécurité publique.Les calamités (cit. 1) publiques. — ☑ Danger public (fam. Danger). — ☑ Un ennemi public (→ 2. Manche, cit. 4; passant, cit. 2), se dit d'un dangereux bandit.Allus. littér. || « Un empoisonneur (cit. 2) public, non des corps, mais des âmes… »Les mœurs publiques (→ Fléau, cit. 10). || La morale, la moralité (cit. 4) publique.L'admiration (→ Bénédiction, cit. 12), l'estime (→ Fonder, cit. 30), la douleur publique (→ Organe, cit. 3).L'esprit public. || La conscience publique (→ Arrière, cit. 2). || L'opinion (cit. 21, 23, 33 et 37), la clameur, la voix publique. Renommée. || Le cri public. — ☑ De notoriété (cit. 1) publique.
Relatif aux collectivités sociales juridiquement définies, et, spécialt, à l'État. || L'autorité (cit. 18), la force (cit. 48) publique. || Les pouvoirs publics. || L'ordre public.Action publique (→ Informer, cit. 10), partie publique. || Accusateur public (→ 1. Masser, cit. 3; panneau, cit. 3). || Ministère public. aussi Parquet.Administration publique (→ Fraude, cit. 4; 2. port, cit. 5). || Fonction publique. || Places et emplois publics (→ Capacité, cit. 8). || Agent (cit. 10), fonctionnaire public. Fonctionnaire; et aussi magistrat.Acte public, dressé par une autorité selon les formes légales. Authentique (→ Authenticité, cit. 1; légaliser, cit. 1). || Registres publics (→ Extrait, cit. 3). || Écritures publiques.Les caisses (cit. 4), les finances (cit. 3) publiques. || Le Trésor public (→ Les coffres de l'État). || Les deniers (cit. 8), les fonds publics. || La dette (cit. 9 et 10) publique. || Comptabilité publique. || Crédit public. || Effets publics. || Les charges publiques et l'impôt. || Le domaine (cit. 3) public. || Les biens publics. || Édifice public. || Monument public : ouvrage d'architecture ou de sculpture qui fait partie du domaine public.Établissement (cit. 10) public. || Collectivité, entreprise, institution publique (→ Monnaie, cit. 8). || Enseignement public (→ Laïcité, cit. 3). || École (cit. 6), instruction publique. || Assistance publique. || Hygiène (→ Assainissement, cit. 1), santé publique. || Travaux, transports publics. || Expropriation (cit. 3) pour cause d'utilité publique. || Le secteur public.
Services publics : entreprises d'intérêt général gérées selon des règles exorbitantes du droit commun. Services publics gérés par l'Administration (armées, justice, police, administration préfectorale, etc.).
2 (1538). Accessible, ouvert à tous; dont l'usage n'est pas réservé à un particulier; auquel tout le monde peut participer. || Lieux publics. || Promenade, place publique, voie publique. || Jardin public (→ Paresser, cit. 1).
Spectacle, bal public (→ Entreprise, cit. 11; limonadier, cit.). || Fête publique (→ Appareil, cit. 1). || Enchères publiques. || Vente publique (→ Épuiser, cit. 31). || Conférence (cit. 3), exposition, manifestation, réunion publique (→ Manquer, cit. 25).(1835). || Cours public.Culte public. || Prières publiques (→ Météorologiste, cit. 1).
1 Vous ne fréquenterez point les promenades publiques car il ne faut pas qu'on vous découvre.
Diderot, Jacques le fataliste, Pl., p. 607.
(1690). Personnes. Qui n'est pas attaché à un particulier, dont l'activité s'exerce au profit de la collectivité, dont les services s'adressent à tout le monde. || Crieur, écrivain (cit. 1) public. || Marchande publique (vieilli). || Officier public.
(V. 1545). Femme publique (vx), fille publique : prostituée (→ ci-dessous cit. 2.1).
3 Qui a lieu en présence de témoins, devant une assistance plus ou moins nombreuse; qui n'est pas secret (→ Cercle, cit. 10; poursuite, cit. 3). || Scandale public. || Confession, pénitence publique (→ Humiliant, cit. 3). || Scrutin public (→ Investir, cit. 5; lecture, cit. 14). || Audience, délibération, séance publique ( Publicité).
2 (…) les députés des Communes avaient soumis leurs pouvoirs à une vérification publique, faite solennellement dans la grande salle ouverte et devant la foule. Les deux autres avaient vérifié entre eux, à huis clos.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., I, III.
Rendre un hommage public à qqn. Solennel.
4 (1756). Qui concerne la fonction, plus ou moins officielle, qu'on remplit dans le monde, dans la société. || La vie publique et la vie privée (→ Indiscrétion, cit. 13; petitesse, cit. 8).Relig. || La vie publique du Christ.
(1690). || Un homme public : un homme qui est investi d'une fonction officielle, qui joue un rôle important dans la vie sociale ou politique (cf. Homme politique) de son pays (→ Non, cit. 16; obsèques, cit.; période, cit. 4).|| « Chez moi l'homme public est inébranlable, l'homme privé est à la merci de quiconque se veut emparer de lui » (→ Éviter, cit. 28, Chateaubriand).
2.1 Et puis, comment vous oublier ? Le fait que vous soyez un homme public (ce même mot pour un « homme public » et une « fille publique » ! Et c'est bien ça…) me l'interdit matériellement.
Montherlant, Pitié pour les femmes, p. 54.
5 (Choses). Connu de tous. Notoire, officiel, répandu. || Rendre qqch. public. Divulguer, ébruiter, exposer, paraître (faire paraître), publier, répandre, révéler. || Un fait public, notoire, évident aux yeux de tous (→ Courir les rues, et aussi origine, cit. 9). || Les faits publics et ostensibles (cit. 2).
6 (Anglic.). || Relations publiques. Relation; public-relations (anglicisme).
———
II N. m.
1 (1580). Vx. L'État, la collectivité, la chose publique (→ Athlète, cit. 2; honorable, cit. 8). || La police (cit. 4) consiste à assurer le repos du public et des particuliers. Société.
Le secteur public.
2.2 (…) de grandes lézardes balafrent ces édifices et les rapports (en France et ailleurs), du « public » et du « privé » ne vont pas sans problèmes.
Henri Lefebvre, la Vie quotidienne dans le monde moderne, p. 112.
2 (1646). Mod. Les gens, la masse de la population; la foule… || Avis au public. Communiqué. || Porter à la connaissance du public. Divulguer. || Les éditions spéciales des journaux entretenaient (cit. 5) la fièvre du public. || Objets qu'un commerçant va livrer au public (→ Peser, cit. 7). || Où le public est nombreux. Achalandé.
(Par oppos. au personnel d'une entreprise, d'une administration, etc.). || Interdit au public.Service chargé des rapports avec le public.
3 (1688). Plus cour. L'ensemble des personnes qui lisent, voient, entendent les œuvres (littéraires, artistiques, musicales), les spectacles. || Influence qu'un écrivain exerce sur le public (→ Diffusion, cit. 2). || Flatter le public. || Livrer son ouvrage, son œuvre au public (→ Limer, cit. 4; mûrir, cit. 3). || Conquérir un vaste public. || Le grand public. Masse, peuple; → 1. Argot, cit. 2; incompréhension, cit. 2. || Un public raffiné. || Le public intellectuel, populaire.Le public d'un écrivain. || Ces « honnêtes (cit. 26) gens » étaient ce que Molière regardait comme son public.Le public d'un journal. Audience (4.), clientèle.(1875). || Le public de qqn, celui qu'il touche ou veut toucher. || Il a son public.
3 Que dites-vous en tout genre de ce monstre énorme qu'on appelle le public, et qui a tant d'oreilles et de langues, étant privé des yeux ?
Voltaire, Correspondance, 4042, 10 sept. 1773.
4 Chamfort enchérira lui-même sur cette doctrine du petit nombre des élus en matière de goût, quand il répondra à quelqu'un qui lui opposait sur un ouvrage le jugement du public : « Le public ! le public ! combien faut-il de sots pour faire un public ? » Nous aurons bientôt occasion de relever cette contradiction chez le futur révolutionnaire qui, après avoir tant méprisé le public, accordera tout au peuple.
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 22 sept. 1851.
5 Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible (on la lit beaucoup). Et la bonne, qui ne se lit pas. C'est ce que l'on a appelé, entre autres noms, le divorce de l'écrivain et du public.
J. Paulhan, les Fleurs de Tarbes, p. 18.
6 (…) en admettant que nous touchions à la fois ces éléments disparates (bourgeois, intellectuels, ouvriers…), comment en faire un public, c'est-à-dire une unité organique de lecteurs, d'auditeurs et de spectateurs ?
Sartre, Situations II, p. 293.
(1751). Ensemble de personnes qui assistent effectivement à un spectacle, à une réunion, à une manifestation. Assistance, auditoire. || Les applaudissements, les trépignements du public (→ 1. Flèche, cit. 13). || Le public populaire (→ Le parterre, 3.; les populaires, 5.). || Un public averti ( Avertir; adulte).
7 (…) c'était, plus loin, au-delà des bruits confus de l'orchestre, comme une immense haleine, la salle qui respirait et dont le souffle se gonflait parfois, éclatant en rumeurs, en rires, en applaudissements. On sentait le public sans le voir, même dans ses silences.
Zola, Nana, V.
Les personnes devant lesquelles qqn parle ou se donne en spectacle. || Ne faites pas attention à ce qu'il dit, c'est pour amuser le public. Galerie, parterre (vx). || Il est très cabotin, il lui faut un public (→ aussi Portée, cit. 3).
8 Les personnes qui parlent bien veulent un public, aiment à parler longtemps et fatiguent quelquefois.
Balzac, les Employés, Pl., t. VI, p. 868.
(Av. 1924). || Un bon public : un public peu difficile, bienveillant.(En attribut).Être bon public : être facile à convaincre, avoir l'admiration, l'approbation facile (pour une œuvre, un spectacle, etc.).
9 Je suis bon public pour les critiques. Ils me persuadent aisément du mal que je dois penser de mon roman ou de ma pièce.
F. Mauriac, le Nouveau Bloc-notes 1958-1960, p. 209.
4 Vx. ou littér. (opposé à en privé, dans le privé). || Dans le public (→ Caresse, cit. 16; incommunicable, cit. 9).
5 Loc. adv. (XIIIe). En public : à la vue, en présence d'un certain nombre de personnes. Publiquement (→ Devant le monde). || Parler (→ 1. Dire, cit. 21), prendre la parole en public (→ Noblesse, cit. 5). || Paraître (→ Exercer, cit. 10), s'exhiber (cit. 3) en public. || Exprimer (cit. 9) ses sentiments en public. || Mazarin, si avare dans son privé, savait se montrer fastueux (cit. 4) en public. || « Il ripaille à huis clos, en public il sermonne » (→ Landerirette, cit. Hugo).
CONTR. Privé, individuel, particulier. — Clandestin, secret. — Domestique, intime. — Intimité (dans l'intimité).
DÉR. Publiciste, publicité, publiquement. — (Du même rad. lat.) V. Publicain, publication, publier.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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